• Saidia

    Saidia

    Changement de continent, c’est un nouveau monde, et je commence mes découvertes en attendant le retour de ma petite femme pour jeudi à Oujda.

    Maintenant c’est chocs sur chocs :

    • Cette marina immense, sur la plaquette commerciale (3° marina de méditerranée), et effectivement très grande !mais seulement une cinquantaine de bateaux s’y trouvent. Elle est vide !
    • Une armée de vigiles, tous plus polis les uns que les autres, la surveille, et les marins de la capitainerie ne sont pas moins nombreux. Un autre bataillon, de femmes cette fois ci, entretient les plantations.
    •  Ici on parle français. Cela fait plusieurs mois que nous avons quitté la France, et nulle part les gens ne parlent français. Parfois comme en Italie, ou en Grèce, l’anglais pallie à ce manque pour la communication, parfois c’est plus compliqué comme en Espagne, ou personne ne fait l’effort de parler ne serait ce qu’anglais. Ici le long du quai, je n’entends que du français. Cela surprend et fait du bien d’entendre sa langue.
    • C’est l’Afrique. Il faut laisser le temps au temps, ne pas être pressé. Ce n’est pas le pays de l’entretien (poubelles présentes, mais inutilisées, cassées ou à moitié renversées …), les pontons inutilisés sont couverts de déjections de mouettes, bien que gardés par un agent de sécurité.
    • Ici le matin, on dort, et on vit la nuit. Impossible de vouloir manger au restaurant avant 14h ou 15 h, par contre on s’endort au son des musiques cacophoniques des différents bars et restaurants qui jouxtent la marina. En fait, on essaie de dormir, car après la musique c’est un concert des klaxons qui siffle la fin, mais il est alors 4 ou 5 h.
    • Les gens sont très sympathiques, polis et serviables. Sans doutenous ont-ils refilé chez nous les mauvais arabes, et gardé les meilleurs chez eux.
    • Ici c’est un mélange deR12 (Renault des années 70) et R8 (non pas Renault, mais Audi actuelle). J’ai même vu une R8 (voiture à cent mille euros) équipée d’une boule pour tirer le jet ski. Sacrilège !!! Mais aussi, que de nombreuses  voitures immatriculées en France ! (92, 94 …)
    • Melting pot aussi de tenues, entre femmes habillées à l’occidental, et burkas… sur la plage aussi, dans l’eau mélange de burkas et de bikinis !
    • L’euro n’existe plus. Vive le Dirham. Heureusement le change est facile à calculer : 1 € = 10 dirhams. Les distributeurs sont partout pour te donner ces précieux billets.
    • Le téléphone via Free coute une fortune. Nous étions habitués à utiliser notre téléphone comme à Bandol. Ici ce n’est plus possible ! J’ai donc acheté une carte sim marocaine, et là j’ai 5 G° pour 5 €. Moins cher que chez nous ! Il est possible à tout le monde de nous joindre pour presque rien via les applications internet (Skype, Hangout, Whatsapp…)  (très peu consommateur de datas), ou par téléphone sur le n° marocain. Bémol, ici les services VOIP ne fonctionnent pas, donc pas de téléphonie ou visio par internet.
    • Chez nous, on ne voit jamais de drapeau français, sauf sur certains bâtiments publics. Ici partout flotte le pavillon marocain.
    • Ici c’est le pays de la débrouille.

    D’abord une marina immense, mais vide !   (moins de 50 bateaux, et de nombreux jet-skis)

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    A coté de la marina se trouve la Medina. Espèce de centre commercial avec boutiques diverses, nombreux bars et restaurants… Un espace ludique avec manèges divers …

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    Et aussi deux superbes plages de chaque coté du port, avec du sable très fin sur des dizaines de km.

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    Arrivé dimanche, Je rencontre le directeur de la marina lundi matin. Pascal est très sympathique. Le bateau sera sorti de l’eau demain mardi pour effectuer le carénage. Les gars de la marina se chargeront de tout : grutage, karcher, peinture de la coque. Tout semble bien se présenter ! Les rumeurs sur le travail d’arabes seraient elles une légende infondée ?

    Lors du grutage, il a fallu gouter à l’eau trouble du port pour ajuster l’emplacement des sangles ! heureusement la température permet de se jeter à l’eau facilement.

    Une fois sorti de l’eau, le Karcher se met au boulot ! Pendant ce temps je pars à Berkane, cité voisine de 25 km, avec un plaisancier rencontré la veille, qui me fait visiter la ville et m’emmène chez un tourneur pour effectuer enfin une poulie correcte pour mon alternateur d’arbre. Déjeuner à Cap de l’eau ! résultat 30 € pour que mon alternateur puisse me gaver d’électricité ! Merci le Maroc.

    Jeudi Je pars chercher ma blonde à l’aéroport avec la navette de la marina. 1h à attendre sa sortie devant l’aéroport. Ici on ne peut rentrer dans l’aéroport, plan vigipirate ! Et les horaires, c’est comme la SNCF chez nous : toujours du retard, mais de combien, on ne sait jamais !!!

    A la marina, toujours pas de peinture pour Carpe Diem : pas encore commandée. Tant pis, je renonce au vert prévu, et accepte de lui donner une robe bleu marine disponible dans sa taille. Emporté par l’attrait du prix, je me laisse tenter par une 2°. Grosse erreur : non disponible. Résultat, pas de 2° couche avant lundi prochain !!! 1 semaine au sec, c’est long quand on vit à 3 m de haut, avec les sanitaires à ½ heure de marche ! mais de toute façon, en Afrique, il faut prendre son temps pour ne rien faire !

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    Heureusement, j’avais mis le zodiac à l’eau, cela nous permettait de traverser le port en 1 mn et d’accéder à la capitainerie, aux sanitaires … ainsi qu’ à Marjane, le supermarché de la Médina. Il nous rend bien des services, jusqu’à ce que je passe mon genou à travers le boudin. Il était bien mûr après des années de bons services !

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    Du coup je le donne à la marina, et commande une nouvelle annexe que je réceptionnerai à Melilla, enclave espagnole en Afrique. (plus facile, pas de dédouanement …)

     Cela nous laisse le temps de visiter Saidia tout proche, accessible en bus pour 4 Dhm ! Vendredi resto couscous pour 50 Dhm…

    Les souks sont un vrai choc culturel pour nous, que ce soit à Saidia ou à Berkane !!! Propretés, odeurs, c’est nouveau pour nous petits européens raffinés.

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    Ici pour se rendre d’une ville à l’autre, c’est le taxi. Mercedes sans age bien sur ! 10 Dhm par personne.

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    Demain, nous laisserons cette Saidia bien sympathique, pour rejoindre l’Espagne toute proche : Melilla.

    Dommage encore que cette marina ne soit pas plus remplie, car elle possède de nombreux atouts, son prix, sa sécurité, la gentillesse de son personnel …

     

  • Escapade en solo

    Escapade en solo

    Un douloureux évènement nous tombe dessus de manière inopinée, et Micheline prend dans la foulée un avion direction La Réunion pour une semaine. Ce drame soudain laisse une drôle d’ambiance à bord chargée d’émotions pour chacun. Mercredi Micheline s’en va, Jeudi c’est au tour d’Alexandre, je me retrouve seul à bord. Juste le temps de ranger un peu, puis décision est prise de partir et avancer vers le sud de l’Espagne. Au moins cela fera moins de miles à faire lorsque ma blonde éplorée reviendra. J’envisage même de rejoindre Saidia au Maroc pour y faire le carénage de Carpe Diem.

    Depuis le départ d’Alexandre, le mode vacances est terminé. Place maintenant à la Grande Croisière. Oubliées depuis longtemps les montres, elles sont rejointes par les calendriers. Plus de dates, plus de jours !!! On vit une journée après l’autre. Pour la suite, on verra bien. On sera où demain ? Je vous répondrai après-demain !

    Cela ne nous empêche pas de penser à ceux que l’on a laissé en partant : famille, amis. Que ce soit une pensée particulière pour Jean-Pierre resté à Bandol, Daniel que l’on n’a pas pu revoir en Sicile, mais aussi et surtout Martine et Jean-Paul que l’on a lâchement abandonné en Grèce. Nous n’oublions pas bien sur les amis (es) de Toulon. Afin de ne pas faire d’inventaire à la Prévert, car je ne peux les citer tous, Je les embrasse bien fort !

    Cela fait longtemps que je ne me suis pas retrouvé seul à bord, cela fait aussi du bien, mais la plus difficile chose est de se lever à 4 h lorsque le réveil essaie de me tirer du sommeil ! Direction Sud, jusqu’où ? on verra bien. Moteur toute la journée, et finalement ce sera Alicante qui me recueillera afin de faire un plein de gazole, et passer quelques heures de sommeil. La côte est jolie jusque Calp, mais plus on se rapproche d’Alicante, plus elle se couvre de building tous plus hauts et moches les uns que les autres.

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    Au petit matin, je quitte le port juste derrière un voilier norvégien. Il prend la même direction que moi. Après un peu de moteur, le vent arrive comme prévu. A la voile, rapidement je le rattrape puis le distance. Grosse erreur de ma part, car ce sera l’un des deux seuls bateaux que je verrai de la journée !

    Voile jusqu’à Carthagène, en silence. Cela fait du bien de ne plus entendre mr Perkins travailler et demander son salaire en gazoil. Cette fois, je choisis la cala Cortina. Elle est étrangement fermée par un barrage flottant. Qu’à cela ne tienne, je mouille juste avant dans 11 m d’eau, non sans mettre mon orin afin d’éviter la même péripétie qu’à Ibiza. Seul au mouillage, quel calme !!! Du moins jusque 4h30 quand le réveil me sort des bras de morphée. En effet, je voudrais rejoindre Alméria, avant demain de traverser vers l’Afrique. Encore une grosse journée en vue. Je quitte ce mouillage calme vers 5h. Une fois sorti de l’abri de Carthagène, le vent me pousse allègrement. Rapidement, me trotte l’envie de profiter de ce vent jusqu’au bout. Il est prévu 25 nœuds.

    Changement de programme : direction Saidia direct. Ce sera un petit test seul avant d’autres navs plus longues. Tous les ingrédients sont là : vent (25 à 30 nœuds, houle, cargos…). Ca me fait une petite ballade sympa de 170 miles. Sympa, sauf toujours cette p…n de houle. Entre chiens et loups, le vent est à 30 nœuds, et les cargos sont au rendez vous. J’en compterai jusque 11 autour de moi en même temps. Mr AIS fait son boulot, mais certains décident de me croiser à moins d’1/2 miles. Pas grave, avec le vent, Carpe Diem reste bien évolutif, au cas où … La grosse dizaine de derniers miles sera effectuée au moteur, faute de vent, mais toujours cette garce de houle.

    Péripétie du jour : Alors que tout va bien, Carpe Diem apprécie cette brise, je m’aperçois que quelque chose de bizarre se passe au niveau de l’étai. Je vais donc contrôler ce qui s’y passe, et là un frisson m’envahit. L’enrouleur de génois n’est plus fixé au bateau. Les 2 pattes en inox sont détachées. La croisière aurait pu s’arrêter là, faute de mat, si celui-ci avait voulu apprendre à nager !!! Ni une ni deux, je retourne rapidement à l’arrière et enroule doucement cette voile d’avant, tout en cogitant une manière de réparer. MaC Gyver surgit alors, et utilise des boulons de 12 récupérés sur mon ancienne annexe, et après maints allers retour jusque l’avant, je peux rehisser correctement le génois. tout est maintenant OK ! Le plus bizarre est que j’avais contrôlé les 2 boulons originels il y a quelques semaines.

    En découvrant les jetées du portde Saidia, elle est toujours là, d’1,5 m. Je suis joueur, mais lorsque, à quelques dizaines de mètres de la jetée du port, le sondeur me donne 3,3m je fais demi tour. L’entrée est piégeuse. Il ne faut pas serrer cette digue avant de l’avoir passée, puis il faut la raser une fois qu’elle nous protège. Depuis mon départ de Carthagène, je n’ai vu aucun bateau de plaisance ! Un jet vient  m’accueillir, car faute d’avoir répondu à mes appels VHF, il vient me guider, c’est un des marins de la capitainerie. Ici c’est l’Afrique. La marina est très grande, très protégée (de la mer et du reste !!!). Dès les amarres posées, visite de la douane, de la gendarmerie, de la police. Photocopies des papiers (acte de francisation, assurance, passeport) en multiples exemplaires, mais chacun perd une feuille, donc rebelotte. S’en suit une petite sieste réparatrice, puis visite des alentours de cette marina.

     

  • Espagne

    Espagne

    Le retour sur le continent se passera au début au moteur, puis Eole se réveillera et nous poussera jusque Valence. Nous poserons nos amarres peu avant minuit au Real Club Nautico, pour 25 € la nuit. Nous y passerons 3 jours, le temps de visiter Valence, et de déposer Alexandre à l’aéroport, car pour lui, le temps est venu de nous quitter et de rentrer pour préparer la rentrée scolaire.

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  • Ibiza

    Ibiza

    Une journée de navigation de plus au moteur faute de vent, mais cela en valait le coup en déposant l’ancre à Portinatx dans cette cala paradisiaque. Au programme : baignades, ballades, paella, sangria, repos, mais aussi réparation de l’annexe.

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    L’étape suivante ne fera que quelques miles (4) pour la cala San Miguel. Mouillage, baignades, ballades…

    San Antoni sera notre prochain point de chute, qui nous permettra de louer une voiture pour visiter la ville d’Ibiza et faire le tour de l’ile.

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    Nous passerons quelques jours à cala Comte, tout aussi idyllique que les précédents mouillages.

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    Comme d’habitude, l’ancre se trouve dans le sable, mais les herbes et rochers ne sont jamais loin. En quittant le mouillage, tôt le matin, tout le monde est encore couché à bord, je remonte donc l’ancre seul  avec plus de 20 nœuds de vent (comme je l’ai déjà fait de très nombreuses fois), le guindeau peine, puis bloque et disjoncte. Pas d’hésitation, je remets 20 mètres de chaine, puis masque et tuba ! verdict : l’ancre est bloquée dans les rochers !!! 9 m de fond, c’est un peu beaucoup pour moi, afin de descendre en apnée, trouver l’ancre et y attacher un cordage qui permettra de la remonter par l’envers. Ce n’est pas grave, j’ai à bord des bouteilles. Non pas celles que vous croyez ! Une fois harnaché de mes 20 kilos sur le dos, dernier regard vers le bateau, des fois que … puis le grand bleu devant ! Cela fait un moment que je n’ai plus plongé, quelle tranquillité la dessous ! Une fois l’ancre trouvée en suivant la chaine, il ne reste plus qu’à fixer l’orin. Le bateau tirera l’ancre sans problème et cet incident se terminera rapidement sans autres soucis, et nous apercevons, à quelques dizaines de mètres de nous , un autre voilier bloqué comme nous. Ce même voilier la veille en arrivant avait mis 10 m de chaine dans 8 m d’eau, avant que les occupants ne le laissent quelques secondes plus tard pour aller se promener à terre sans même un bout de tissu sur eux !

    Nous tenterons aussi la cala Bassa. Petite, et chargée de bateaux. Elle est très bien en journée, mais la nuit tombant, une houle vient comme par hasard se mettre en travers, et voici un ballet de feus de mouillages oscillant dans tous les sens dans une nuit noire comme l’enfer. Enfin même si l’enfer n’est pas noir, ici c’est bien l’enfer, et vers minuit, je me lève, les yeux encore chargés du sommeil qui ne venait pas à cause de cette p…n de houle, et nous partons au milieu de ce champ de mines, qui oscillent au moins autant que nous, pour retrouver le mouillage calme et protecteur de San Antonio à quelques miles de là. Le lendemain matin, en passant devant ce mouillage pour rallier le continent à 100 miles d’ici, nous regardons, non sans plaisir narquois, nos
    anciens compagnons d’infortune, qui n’avaient pas eu le courage de se relever, profiter de leur balançoire encore pour quelques heures, mais nous au moins on a très bien dormi !!!