• Retour Marmaris-Toulon 2006

    Salut Carpe Diem ‼

     

    Bon vent et bienvenue en France….

     

    Récit de Georges MAYEUR, premier passager et coéquipier du capitaine CHRISTIAN.

     

    image001

     

    Vendredi 21 avril :

     

     

    Nous sommes bien arrivés à BODRUM, comme prévu et sans encombre ce mercredi vers 2 heures du matin locale… Nous avons pris un taxi pour MARMARIS (100 euros), pour un bon 145 km de nuit ; ça n’est pas excessif ; de toute façon ; il n’y avait pas d’autre moyen.

     

    A 4 heures (heure française), nous étions au lit pour un repos bien mérité. Puis, nous nous sommes levés tard vers 10 heures, avons acheté de quoi faire le petit déjeuner ; puis, nous avons bricolé : hisser laborieusement les voiles : bien entendu,Christiana du grimper le long de l’étai…..

    Il est 19 heures…on a essayé d’avoir mamy par msn, mais sans succès c’est dommage, mais on a eu les petits enfants, surtout Christian qui est parti pour faire les courses pour manger ce soir. Ici, c’est bien, mais c’est moi qui dois faire les repas et ça n’est pas le top, d’autant moins que Christian n’est jamais pressé de manger…même quand moi j’ai faim…. Vivement qu’il rentre, qu’on mange et qu’on se couche, car je suis crevé. (Pour plus de précision, aujourd’hui, on a hissé les voiles, on est allé chercher la nouvelle capote et le bimini bleu qu’on a aussi installé….. C’est super !……. à demain, pour la suite …..

     

     

    Samedi 22 avril :

     

     

    Bonjour Mamie ; je me suis levé le 1° à 9 heures (française) après une très bonne nuit (12 h.) ; je ne me suis pas levé du tout.  Le ciel est nuageux « le bateau ne prend plus l’eau et l’huissier a donné main levée de la saisie » nous pourrons donc continuer notre voyage. Après le petit déjeuner,Christian fait des mises au point…..

     

     

    26 avril :

     

     

    Pratiquement toute la journée au moteur ; mer calme, pas de vent, mais nuages que le soleil a du mal à percer. Quelques rares percées quand même …

    Vers 17 heures nous avons eu la visite d’accompagnateurs : des dauphins. Et dans la journée aussi quelques oiseaux migrateurs, hirondelles et autres, viennent se reposer quelques minutes sur le bateau et repartent.

     

    Depuis le départ de Marmaris, on n’a pratiquement pas quitté pull ou ciré.

     

     

     

     

    Jeudi 27 avril :

     

     

    Toujours à peu près le même temps ; nous naviguons fréquemment voile et moteur. Il ne fait pas encore très chaud. En fin d’après midi, pas mal d’oiseaux viennent encore se reposer sur le bateau : un indéterminé, style passereau arrive vers 16 heures, très épuisé. Il se repose en dormant à l’abri sous la capote. Vers 16 heures 30, arrive une petite hirondelle dans le même état ; ils dorment côte à côte, voire l’un sur l’autre, et passent tout l’après midi ainsi. Le soir, ils sont toujours là, mais Christian les découvre morts le lendemain matin. Combien doivent ainsi disparaître en mer…….

     

     

    28 avril :

     

     

    Nous atteignons enfin le détroit de MESSINE que nous atteignons à 7heures 30…Que c’est long !…3heures 30 pour en sortir (11heures) ; avec un fort courant contraire et une circulation très intense : en long, tous les cargos qui l’empruntent ; et en travers, bacs et ferries : Sicile-Italie(Calabre). A la sortie, c’est une vraie bouilloire à cause du courant…

    Cap 300 vers la Corse, peut-être dans deux jours….

    Au sortir du détroit, nous mangeons dans le cockpit, au soleil, c’est la 1° fois depuis notre départ. Mais vent faible au près ; heureusement, la mer est calme et nous  filons péniblement 4 nœuds à la voile ; nous apprécions enfin le soleil…..

    Bientôt, ce seront les iles EOLIENNES, à quelques 30 à 40 milles du détroit et après,…la route libre vers la CORSE.

     

     

    Dimanche 30 avril :

     

     

    Je me suis levé à 6 heures, heure à peu près habituelle de mon «  grand lever » ; il fait frais. Comme d’habitude,Christiana veillé pratiquement toute la nuit dans le cockpit….La chaleur relative du carré l’inciterait plus facilement à dormir- ce qu’il veut éviter. La fraicheur extérieure lui permet parfois de somnoler, mais pour des périodes assez brèves…

    Grace aux instruments : radar, GPS etc…combinés au PC, on peut déjà assurer une surveillance efficace de l’intérieur, même éviter grâce au radar les nuages porteurs de pluie….

    Pour  la 1° fois depuis le départ, il est parti s’allonger dans sa cabine à 6heures30. 8heures-10, il se lève pour corriger un peu l’allure du bateau.

    Hier soir, huit hirondelles sont venues nous accompagner sur le bateau ; elles apprécient particulièrement l’abri de la capote. Certaines n’hésitent même pas à essayer de rentrer dans le carré, ce que nous tentons d’éviter quand même.

    A 7heures30, il n’en restait plus que deux : sont-ce les plus faibles ? Les autres ont repris leur pèlerinage dès le lever du jour…..

     

     

    J’avais pris bon nombre de livres pour la traversée ; mais je suis tellement occupé à ne rien faire que j’ai bien peu de temps pour lire….

    On surveille la mer où il n’y a rien de visible : parfois un cargo, à quelques kilomètres ou un dauphin : assez peu nombreux : deux vus en mer ionienne, un hier ici en mer THYRENIENNE…

    Je « semble » aider Christian dans ses manœuvres…….j’admire en secret son courage et sa maitrise du bateau et de la navigation !…….

    L’entente  entre nous a été plus que cordiale jusqu’à présent : une seule ombre au tableau les premiers soirs où je lui demandais de mettre son harnais et de s’attacher la nuit dans le cockpit (recommandation acceptée une fois, je crois, la 1° nuit, mais systématiquement refusée après…….)……………..(Contrairement à mes habitudes, je me tais… !…)

     

    Aujourd’hui, c’est dimanche ; le soleil se lève dans notre dos : peut-être, une belle journée ?   Mais toujours guère de vent : d’où navigation, au moteur avec ou sans voiles.

     

    8 heures, je vais monter dans le cockpit pour lire un peu et prier…

    Ce matin, à 6heures, il nous restait 130 miles pour atteindre les bouches de BONIFACIO entre la Sardaigne et la Corse.

    A 9 heures, il nous reste 119 miles.

    Nos deux clandestins sont morts ; d’autres, très effrontés prennent la place.

     

    Aujourd’hui, toujours pas de vent, mais grand, soleil… Enfin, la bronzette !…..

    Les hirondelles viennent carrément se poser sur nous…

     

     

    Lundi  1° mai :

     

     

    La journée d’hier a été très belle : beau soleil, belle mer, mais toujours aussi peu de vent et navigation au moteur.

    A la tombée de la nuit, le vent monte et la mer se démonte ; la navigation au près devient inconfortable. Le moteur à fond nous entraine péniblement à 3,5 nœuds. Ça roule, ça tangue, ça tape, ça claque, une vraie pétaudière !…

    Christian reste  à la barre presque imperturbable……je n’ai pas la même réaction dans ma cabine !…. Et puis, ce qui devait arriver est arrivé : le moteur s’arrête, faute de carburant….le mauvais fonctionnement d’une jauge indiquait qu’un des réservoirs était encore plein, alors que les deux étaient vides…..

    J’ai eu peur…et j’ai beaucoup prié….

    J’ai redemandé à Christian de capeler son harnais, mais sans réponse.

     

    Renavigation à la voile seule ; la pétaudière ne fait qu’empirer jusqu’au petit matin…

     

     

    Je me lève vers 6heures30 : le ciel est clair ; le soleil va se lever ; on dirait que la mer et le vent se calment un  peu …(je remarque que Christian a capelé son harnais  )….Il propose alors, mais je lui laisse seul la décision, de se mettre à l’abri dans une baie et de refaire le plein de carburant dans un port. Il opte pour la baie de Olbia , en Sardaigne où nous ferons donc le plein et passerons probablement la nuit à dormir au calme. Ca me fera du bien mais ça comblera surtout une nécessité pour Christian qui a bien peu, dormi depuis le départ…..

    Il ne nous reste plus qu’à couvrir les quelques 40 milles qui nous séparent de la baie en tirant des bords, bien sur, mais au portant : la joie !… Merci  Seigneur………

    A 15 heures, on attend toujours le vent pour rentrer dans  la baie d’OLBIA.

    Vers 18 heures, sous spi : une brise légère nous ramène vers la baie……

    Après avoir récupéré le gaz oil des deux réservoirs (1,5 l.) et tout réintégré dans le réservoir bâbord, le moteur repart.

    On traverse donc la baie en système économie maxi de voile même si on ne va pas vite, pour pouvoir faire la toute dernière partie de la route et les manœuvres d’accostage au moteur. Opération réussie à 21 heures ; nous sommes à quai à OLBIA.

    Une petite pizza au resto et une bonne nuit à plat et sans mouvement………

     

     

    2 mai :

     

     

    7 heures ; je me réveille et vais faire un petit tour pour me dégourdir les jambes.

    Le poste de carburant ouvre à 8 heures30, en fait, vers 9 heures. On prend 100 Lde g.o. dans, le réservoir bâbord et on quitte le quai à 9 heures 10.

    11 heures 20 : on quitte la baie d’OLBIA, direction  les bouches de BONIFACIO en vent arrière, sous génois seul. Quel changement par rapport aux allures de près !… Ca saute un peu, mais c’est quand même mieux. Il ne fait pas très chaud ; on avance.

    18 heures : on passe au large de BONIFACIO.

     

    Obtenu  Mamie au téléphone : ça fait aussi  beaucoup de bien…..

     

    Aux dernières nouvelles ; 19 heures40, il reste 160 milles pour atteindre la rade de TOULON.

     

     

    3 mai :

     

     

    Ce matin, réveil à 6 heures. Il fait beau ; le soleil se lève, mais il n’y a pas de vent.

     

    Christian a veillé toute la nuit et mis le moteur en marche à minuit. Il n’a pas chaud  et il va s’étendre un peu surtout pour se réchauffer vers 7 heures.

    Je veille à mon tour, mais c’est facile et ce serait quand même plus agréable s’il y avait un peu de vent. Le bateau  roulerait un peu moins.

    Vers 8 heures 30, Christian se lève ; un cargo va nous couper la route, mais assez loin pour qu’il n’y ait aucun risque. Quelques dauphins sont venus nous saluer, se fichant un peu de  notre lenteur.

    12 heures : on ne voit toujours pas âme qui vive….. Il nous reste 82 milles pour la rade.

    Le vent commence à se manifester, puis, il augmente comme la vitesse : 5, 6 ,7 ,8 voire neuf nœuds. Ca déménage ; à cette allure, on arrivera ce soir…….

    Christian reste imperturbablement maitre de la situation… Quel Homme ! ! ….

     

    18 heures 45 : on aperçoit l’ile du LEVANT dans le lointain (18  M)

     

     

    – :- :- :- :- :-

    image003

    Après 10 jours et nuits au sommeil très limité !

    Le navigateur au travail.

    image004

    Carpe Diem et Vanilla Dream